Accueil du site > C.A.ph.A.R.N.A.U.M en Afrique > Les 12 premiers jours de route

Les 12 premiers jours de route

jeudi 3 février 2005, par Dabeliou

Nous sommes le 18 janvier 2005 et le convoi du C.A.ph.A.R.N.A.U.M s’est mis en route il y a 12 jours.

12 jours déjà que nous avons quitté Dijon après une petite réception apéritive aux cuisines ducales. Elle eut lieu à midi pétantes, façon de bien arroser, avant de leur faire prendre la route, les trois Peugeot J9 que la ville nous a confiés pour ce projet. Monsieur Allaert et notre ami Yves Bertheloot, respectivement adjoints aux relations internationales et à la culture, étaient présents avec leurs équipes ; quelques amis et parents proches avaient fait le crochet, probablement autant pour nous saluer et goûter le Kir et les gougères que pour écouter un des fameux non-discours de notre président Maestro...

FR3 Bourgogne était là ; nos mamans étaient ravies, elles allaient pouvoir nous voir le soir même à la télé... La presse locale aussi était là, nos papas étaient ravis, ils allaient pouvoir découper l’article du lendemain... Quand au maire de la ville, François Rebsamen, il avait l’air ravi lui aussi et nous gratifia d’une chaleureuse poignée de main d’au revoir et bonne route, tandis que sous le porche de sa mairie, les amis des 26000, en hardie haie d’honneur, saluaient le départ du convoi en braillant un ban bourguignon de toute beauté.

En quittant la mairie, on put apercevoir dans les rétroviseurs des J9 la silhouette de Francine Thomas, marraine de nos camionnettes, qui peinait à dissimuler ses larmes dans un petit mouchoir à carreaux rose et blanc, pendant que la sémillante Marion, secrétaire perpétuelle de l’Amicale de Amis des Amis d’André, effectuait une de ces danses de Saint-Guy dont elle seule a le secret.

5 heures plus tard, le convoi précédé par le R21 de Mr Romet arrivait à Villeurbanne : une invitte de notre ami Patrice Papelard à sabrer le champagne et tirer les rois au local des Invittes.

JPEG - 12 ko
Patrice Papelard

C’est un lieu très cossu s’il en est, surtout son bureau, qui doit cependant coûter une petite fortune à la collectivité... C’est immense... Il y a des lampes à bronzer partout afin d’entretenir son teint halé de moniteur de ski et des boules tangos qui tournent très vite au dessus de son grand fauteuil recouvert de peaux de bêtes... Il y a des miroirs au plafond, une moquette rose qu’il doit faire peigner tous les jours par un spécialiste et un orchestre de roumains qui joue en permanence... Ses innombrables secrétaires portent des tenues assez originales pour des secrétaires, mais Mr Papelard dit que ca favorise l’émulsion dans le travail et stimule la créativité...

JPEG - 6.6 ko
Pascou

En tous cas, l’équipe du C.A.ph.A.R.N.A.U.M fut bien reçue, de façon conviviale et sympathique, même si Patrice a obstinément refusé de nous laisser emprunter quelque peu de matériel nécessaire à notre mission, comme des gros coussins confortables, des boules tangos ou même quelques unes de ses secrétaires. Il accepta toutefois de nous confier quelque viatique à amener à bon port : un panier en osier ridicule contenant des gratons, du fromage sec et une bouteille vide soit disant qualifiée de pot lyonnais.

Apres cette courtoise et souriante étape, le convoi s’engagea dangereusement sur l’autoroute pour une première escale aux Tourettes où Thérèse nous attendait ses valises et son sax à la main chez nos amis de Délice Dada. En plus, sympa, elle avait préparé des spaghettis à la carbonara.

L’équipe du voyage se retrouvant alors quasi au complet, exception faite de Christian, le photographe que nous devrions récupérer à Agadir dans 5 jours plus tard... oh la la, que c’est difficile la concordance des temps ! Je crois que dorénavant, je vais tout écrire au présent...

1er soir : nous faisons donc une étape à mi-chemin entre Dijon et Sète. Jeff et Marie nous ont laissé les clefs ; ils sont partis se balader en montagne. On essaie de ne rien casser car malgré leur absence et à travers les photos, les charmants objets et l’ambiance de leur grande et belle maison, on sent bien qu’ils sont un peu partout autour de nous... même si c’aurait été encore mieux d’être avec eux en vrai. Merci à eux de nous avoir offert l’hospitalité, et à charge de revanche quand ils iront conquérir le grand nord....

JPEG - 6.2 ko
Baptiste

2ème et 3ème soirs : embarqués avec les trois J9 pleins comme des œufs et la R21 à bord du Marakkech, le bateau qui nous emmène à Tanger. La traversée va être tranquille. Boa et Thérèse conversent musicalement. Jean-Baptiste regarde la mer, Luis et Michel regardent la carte, Pascou regarde les gens et Martin regarde son texte de la ménagerie mécanique... Demain c’est sa première...

Nous voilà partis pour 3 grosses semaines de route avant d’arriver au Burkina. On a emporté avec nous des idées et de l’envie, mais aussi du confit de canard, un morceau de comté, des jerricans et des pelles, une moto, des lunettes de soleil, des roues de secours, des vélos, une tour Eiffel en plastoc, des persiennes métalliques pour le désensablage, un filtre à eau, une mobylette, quelques bonnes bouteilles, des fringues, des médocs, trois autoradios dont trois en panne, un petit compresseur, un groupe électrogène, des postes à souder, une tronçonneuse, des outils, et du fourbi sans nom.

JPEG - 7.3 ko
Michel

On a emporté aussi quelques bons morceaux de la ménagerie mécanique avec l’intention de ponctuer le voyage avec les représentations du spectacle : il sera présenté à l’Institut français de Tanger, à l’Institut français de Meknès, à l’Alliance française de Nouadibou, et au Centre Culturel français de Bamako. Ensuite, sur place, nous irons jouer aux CCF de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso.

La ménagerie mécanique nous permettra aussi d’avoir nos objets animés comme point de repère une fois arrivés à Bobo Dioulasso, là où s’installera la résidence d’O.P.U.S. Durant presque deux mois, nous nous y installerons pour accompagner à la réalisation d’objets mécaniques et travailler à leur mise en scène avec des comédiens burkinabés. La première présentation de ce spectacle est prévue le 24 mars prochain...

Arrivée à Tanger le 9 janvier à 10H. La douane se passe en 2 heures, c’est bien joué compte tenu du bordel à bord des véhicules et des difficultés à trouver le préposé qui doit remplir le carnet ATA...

Sana et Rachid, de l’Institut français sont là et vont assurer un accueil impeccable jusqu’à notre départ ; ils nous conduisent au lieu où le spectacle doit être donné le soir même. Notre arrivée est vraiment bien préparée : la paille, les rallonges, le sable, l’occultation de la salle, tout est prêt sur place. Reste à vider les J9 et sortir les frigos...

JPEG - 7.5 ko
Martin

Nous sommes prêts à jouer 1/2H avant l’arrivée du public. Tout va bien. Martin serre les fesses. On va faire une première mémorable... On convient d’un code : si tu as des trous de texte, tu fais semblant d’être malade, à cause du bateau par exemple... Mais martin et les nausées, je l’avais oublié, c’est une vieille histoire d’amour. Il est pris de soudains renvois sonores, de gargouillis inopinés et de furieuses remontées baveuses qui vont aller jusqu’à lui provoquer un brutal évanouissement au pied même du premier rang de spectateurs...

Pendant ce temps et quelques mètres plus loin, Boa et Thérèse, devant une salle quasi complète, font de la poésie sonore...

2ème jour : la route pour Meknès est superbe. Arrivée à l’Institut en début d’après-midi, le temps d’inventer un système de chariot pour monter les frigos sur scène et le spectacles est en place. Ca démarre à l’heure mais il faut improviser et adapter en direct chaque séance avec des groupes d’enfants et du public non francophone. Martin compose de nouveaux personnages, en meilleure santé que ceux de la veille, il explore...

JPEG - 6.3 ko
Boa

Boa et Thérèse jouent au chaud dans la petite caféteria pour une poignée de curieux.

Le lendemain matin, balade dans la médina et dans le quartier des artisans. On rencontre Abdelak, un ancien employé municipal de Dijon qui se rappelle bien être monté dans les J9 à l’époque où il pavait les rues piétonnes... Fin d’après midi, la ménagerie reprend ses agitations mécaniques tandis que Boa et Thérèse égrènent quelques notes devant la même poignée de curieux. La soirée s’achèvera autour d’une bonne table avec Pierre Raynaud, du bon vin et un délicieux tajine de veau aux pruneaux .

4ème jour : on a 5 jours pour rejoindre la Mauritanie. C’est beaucoup et c’est peu si les J9 se mettent à faire des caprices : en 15 ans, ils ne sont jamais sortis de Dijon ! ce sera une sorte de baptême du goudron et on ne sait pas trop comment ils vont réagir, d’autant que plus on avancera, plus le goudron se transformera en goudronnasse, en bouts de goudron, en trous entre le goudron, ou en absence totale de goudron...

JPEG - 5.3 ko
Luis

On va traverser des étendues immenses, sur une route droite comme un i . Les paysages vont devenir de plus en plus désertiques et la vie de plus en plus absente. On y traverse parfois des concessions encore inhabitées : ces paris sur l’avenir de la future liaison routière qui permettra de rejoindre Dakar par la route vont bientôt grossir à vue d’œil et deviendront vite des villes à part entière.

On fera une étape à Oualidia, cité des ostréiculteurs marocains, une étape au sudnord d’Agadir pour choper Christian à l’aéroport, une autre à Tan-Tan puis à Boujdour avant l’ultime nuitée au Maroc, dans un petit coin du désert à quelques km de la frontière mauritanienne à se mitonner des patates en robe des champs sur une improbable cuisinière Arthur Martin, débouchant quelques bouteilles de vin devant un feu de bois flotté.

On profite également de ce tronçon pour étrenner les couchages : en repoussant un peu les cartons et les caisses de fourbi, on parvient à accéder aux quelques couchettes aménagées par Michel et Boa. Il y a aussi des tentes récupérées à Emmaüs avant de partir, ce qui occasionnera quelques sévères montages approximatifs...

La cuisinière à gaz

Le 17 janvier au lever du jour, après avoir subi une 5ème crevaison en deux jours, nous partons pour la zône de la frontière sans roue de secours...

Pascou

P.-S.

Photos : Mr Romet et Christian Bon (Terres en Vues)

14 Messages de forum

  • > Les 12 premiers jours de route Le 3 février 2005 à 19:23
  • > Les 12 premiers jours de route Le 3 février 2005 à 19:55

    Salut les aventuriers. Merci pour ce petit voyage derrière mon ordi... Vous êtes beaux sur les photos (très moniteurs de ski ?) et quelle lumière dans ces contrées lointaines.!.. A Pougne-Hérisson il fait un peu gris, on vous envie...

    Je pense à vous, bonne route
    Bisous
    Véronique

  • > Les 12 premiers jours de route Le 4 février 2005 à 12:59 , par le riri de lyon

    bien reçu le carnet de voyage des 12 premiers jours. quand même vous auriez pu venir me voir à lyon, j’aurais pu (avec de l’imagination) me transformer en secrétaire pour le voyage et vous fournir en quenelles pour la suite de l’aventure !
    je connais aussi martin et ses vomis, faîtes gaffe qu’il n’y mette pas trop de vin blanc, ça pue vraiment quand il y a du vin blanc.
    je vous embrasse, bonne épopée,
    richard au coeur de lyon.

  • Message personnel. Le 4 février 2005 à 20:36 , par Jean-Renaud

    Hé, Boa !
    Si tu reviens pas, ta guitare, je peux la garder ?

    • > Message personnel. Le 19 février 2005 à 11:31

      bien sûr mon grand, tu peux même lui faire des enfants en forme de chansons, je suis sûr qu’ils seraient rudement beaux. Boa

  • > Les 12 premiers jours de route Le 5 février 2005 à 18:48 , par grebot dier

    salut , je donne mon nom je suis didier grebot de cussy la colonne et je suis tres en colere car sachez pour les naifs que c’est moi qui ai offert les cartes postales à mr romet et qui seraient les soi-disantes photos du periple africain n la preuve dans pas longtemps va y’en avoir avec des noirs du sable et du soleil et y dira que c’est ouagadougoudou ! ALORS ??

    Et pis les camions de la ville y sont garé à belfort à l’heure ou j’ecris
    Faites tous une copie et transmettez à vos amis car dans peu de temps vous allez etre sollicité pour une souscription pout payer leurs retours ! ON PARRIE !!
    Moi qui suis sobre à l’ordinaire et ben j’ai tout bu ce que j’aurais donné à ces gens la !!!et toc

  • > Les 12 premiers jours de route Le 5 février 2005 à 20:05

    Et ben ! Un petit cou-cou au Jean Bapt et Pascou du Nord Métalu A Chahuter... Je suivrais le périple tant que faire ce peu... Pour la roue de secours, je me met en position alpha !

    Afin d’allimenter, vos conversations au café ou à l’apéro ; Ca y est Métalu et A Chahuter ne font plus qu’une... Et moi, j’ai refilé la grande bar du tout ... Youipi ! J’ai déjà la tête libre... Et toute mes bonnes idées reviennent au galop...Tagada.
    Cependant on a toujours pas trouver de noms pour cette nouvelle aventure fusionnée..
    Sinon , le sous-marin sur les voies naviguables ; on est pas loin d’envoyer le feu vert...La création son et projection de JJ et Jean-Marc avec évidement... Robert à bien repri la mise en plis et Bertrand concocte de ses dix doigts savants un théâtre de marionnettes aquatiques... Que les spectateurs de l’Axolotl auront plaisir à découvrir pendant les visites...Le prochain petit tour par là, chez vous comme le boujour !!!!!
    Ah ! j’oubliais ! Faut dire à Jean-Bath de ne pas oublier la clef du plan...
    Bise
    Vincent

    • > Les 12 premiers jours de route Le 7 février 2005 à 15:12 , par Françoise

      Message à Pascou de Françoise Grosley
      résidente à N’gaparou Plage Sénégal
      amie de longue date, visite au CCF de Dakar en 2003 "le Pil 2000 ha ! ha ! ha !

      Invitation à N’gaparou, à Typic Africa Découverte
      possible de logement et grand parking gardé pour les camions (si vous avez 1 ou 2 jours de repos)c’est aves plaisir de vous recevoir les pieds dans l’eau !!

      Bonne route Françoise

  • > Les 12 premiers jours de route Le 5 février 2005 à 21:03

    La moto qu’est partie avec vous, c’est Doudou qui l’avait donnée à Michel, et le Doudou en question il aimerait bien avoir de ses nouvelles, savoir si elle supporte le climat africain, car cela faisait plus de vingt cinq ans qu’il la chevauchait et que ça lui a fendu le cœur de s’en séparer.

  • > Les 12 premiers jours de route Le 6 février 2005 à 18:48 , par Mr Moruzil (dont Andre Durupt revait de motoriser le jars)

    Cher Mr Romet,
    A propos de "l’ombre du zebre qui ne porte pas de rayure", comment ne pas rayer les mentions inutiles pour vous souhaiter, ainsi qu’aux phabricants :
    > - le tres bon voyage

    Puisse l’ombre de ce zebre accompagner totalement votre periple de trois mois au Burkina Faso et favoriser le rapprochement des esprits du Monde entier .
    Je suis sur que de son cote, Yffic, grand pourvoyeur de mels d’internet ne fera pas les choses a moitie sur le site dabeliou-dabeliou-dabeliou du fourneau.com .

    Encore bravo, l’esprit du Pourneau vous accompagne,

    Mr Moruzil
    ( je ne peux pas joindre la photo de la dinde que je revais de motoriser en 2004, dommage !)

    • > Les 12 premiers jours de route Le 7 février 2005 à 14:32

      rassurez vous, cher mr moruzil, la photo grandeur nature de votre jars (et non pas dinde, vous devez vous tromper d’erreur...) figure en bonne place dans certains hauts lieux de nos perigrinations, comme par exemple au dessus du bureau de certains chefs douaniers subsahariens...
      amitiés sincères et comptez sur moi pour les rayures de l’ombre du zèbre !
      mr romet

  • > Les 12 premiers jours de route Le 7 février 2005 à 16:08 , par christian larsonneur

    Bien le bonjour les amigos ,aprés avoir été la fanfare officielle du départ (ben merde, en plus, demander à un normand de jouer l’hymne bourguignon) vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous laisser comme ça,sans un p’tit air souffler via le soufflet de ma machine à écrire des notes de musiques. Tel le barde du village d’irréductibles gaulois,à defaut de vous surprendre en sortant de derriére un buisson, une dune, un hammam, un tajine, un baobab, je salue votre périple d’une salve de triple croches en rythmique afro beat, tricotées sur mon accordéon et interprétées par Dédé Aiselles. Et roule ma poule.

  • > Les 12 premiers jours de route Le 10 février 2005 à 10:10 , par Guy

    salut les fondus de la piste
    Un petit mot de Bamako ou nous sommes sur vos traces... On a bien pensé a vous entre Nouakchott etKiffa et surtout entre Nioro et Dijéni...
    On se voit bientôt a Bobo...vers le 12
    tchao président Luis ...Ouvre la bière

  • Bronzez bien pendant que nous jouons sous la neige !... he meme au bord de la mer y en a !..
    J’espere que tout se passe tjs bien pour vous tous , (l’equipe de base et ses nombreux visiteurs,) plein de bises à tout le monde, avec deux supplements, un pour le grand keke qui trouve toujours le moyen de se faire remarquer en ayant son anniversaire quand il faut !... et un pour ma super filleule zazie qu’aura plus qu’a tout me raconter a son retour.
    je pense bien a vous.

    Sylvie

    PS : super ce carnet de voyage.