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[Plourin] La question de s’il va pleuvoir

lundi 10 avril 2006, par Cécile

Si on fait juste un projet, il peut être... Puisqu’on offre ce projet, il doit être...

Environ 1000 mots, 100 images, 10 heures de son pour 1 projet...

On est 5 + 1 + 1 et y a 2 jours.

1000+100+10+5+1+1+2 = 1 projet de fictions

Cette fois, on ne se pose pas la question de s’il va pleuvoir, quoique...

Penser présentation...

Nième boîte pliée au chronomètre. Tentative d’y glisser du consistant et de l’ouverture.

Est-ce que demander à quelqu’un de raconter ce que lui évoque un petit caillou, c’est agir sur/avec/à propos de/pour/d’après/etc. un territoire et ses habitants ?

Cécile

Jour d’éclairs de brume à Plourin

Aujourd’hui, la balle est dans notre camp. Remises à plus tard les rencontres avec le peuple plourinois. Il s’agit de tamiser nos récoltes, de faire tourner l’eau au fond des batées pour en extraire la pépite qui mettra tout le monde d’accord. Ca tape sur les touches au bout desquelles attendent les gros poissons, les grosses questions.

Un projet composant une fiction révélant le territoire ? Nous avons des morceaux d’un territoire flottant qui émerge par bribes. Les mots croisent au large des interviews. On les creusent et un penchant de vérité apparaît. Ce matin, on assemble ces vérités qui penchent, pour tirer des plans sur la comète. Comment rendre aux gens du croisement ce qu’ils ont bien voulu nous confier ? Des artistes sont venus, ils se sont glissés plus ou moins habilement dans la peau des rues et la respiration des pierres. Le temps est maintenant venu de fabriquer une histoire, de trouver le sens commun à toutes ces poussières de gens et d’y glisser notre grain de sel artistique. Comment penser la communauté à partir de l’hétérogène de ses composants que sont ses habitants ? Qu’est-ce qui fait lien entre le regard des cinq artistes en exploration ? D’où apparaît le territoire que les artistes construisent ? Et après nous, le déluge ou une aventure qui continue sans nous ? Et puis, nous tiendront-ils au courant de ce qu’ils auront fabriqué à partir des échafaudages laissés derrière nous ? Le Cyberi@ est un cœur que nous devons nourrir de notre passage. Qui laisse-t-on ? Alors, Le projet ... il est en route. A partir de ce qui est récolté, il nous faut repartir à la chasse, plus ciblée, plus précise et commencer à gauchir le réel pour en faire sortir la fiction ou l’y faire entrer. Mais déjà la communication de la rencontre doit être en place pour les médias avides, tapies autour du village : journal communal, presse locale, informations cantonales ! Et puis, il faut définir la teneur du discours de présentation du projet, la personne qui va parler pour le groupe, et ceux qui récolteront les réactions de la population qui souhaiterait en dire long... Jour de brume à Plourin sous le soleil

Un plouc (paroissien) de Plourin

Plourin, une carte postale du territoire

Plusieurs histoires se croisent, certaines à dessin, d’autres par accident. D’autres encore s’oublient, ou tentent de s’oublier. Myriam, la fille d’un commerçant Plourinois, me disait qu’il faut bien s’habituer à tout pour vivre. Cartes postales d’un village qui continue à vivre :

La mairie retournée s’avère être en fait une salle des fêtes. L’intention qui préside à sa déconstruction est de réveler l’architecture du monument en le retournant purement et simplement. Ses pilastres remarquables donnent ainsi sur la rue principale. Quelle idée ! Petit projet fou d’une petite commune pas si commune que ça en fait.

Plourin. Pays de pierre. Sol granitique. Mégalithe. Tumulus. Église en pierre. Maisons en pierre, toit en pierre. Au contact des hommes, cette matière inerte, ingrate, dure à la tâche, prend ici une texture nouvelle et malléable. Les blocs de pierre deviennent des briques de légo qu’on assemblent ou désassemblent à volonté. On dit que la pierre à la capacité de garder en elle la trace de tous les sons qui se trouvent à sa portée. Du menhir à l’église, j’essaye d’imaginer tout ce qui s’est dit aux alentours de ces phallus. Des milliers d’années séparent ces deux manifestations d’une présence humaine sur ces lieux. Des milliers d’années et toujours la même volonté de dresser des édifices. Comme si, ici plus qu’ailleurs, ce besoin qu’a l’homme de dessiner des verticales bornait enfin et une fois pour toute l’infinie platitude du paysage. Et dans mille ans, que construira t-on ? Peut-être qu’à la manière de cette salle des fêtes, on retournera l’Église, ou bien alors on délocalisera son cimetière.

Et chez les habitants de Plourin, qui s’assemble, qui se fuit ? Qui s’unit, qui s’en va ? Qui est mort, qui a tué ? Ah si la pierre pouvait parler ! Et nous nous imissons, à glaner des histoires, à projeter notre objectivité dans celle de l’autre. Bref, à être de partout sauf d’ici.

Julien

Breton

MP3 - 209.1 ko

Magali

Journée de ruminage

Amanda

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2 Messages de forum

  • merci plouc de plourin.J’espére qu’aprés ce ruminage vous produirez du bon lait et pas demi-écrémé. Faites nous du bon beurre salé de la créme bien èpaisse.Mais je vous fais confiance pour ça.

    JOHN KAPLAN

    n’oubliez pas que john kaplan n’existe pas

  • [Plourin] La question de s’il va pleuvoir Le 11 avril 2006 à 21:22 , par estelle

    A Brest, le ciment a remplacé les pierres, et celles qui pourraient parler sont au fond, tout au fond de l’eau, en quartiers dispersés.
    La question du projet...un point d’interrogation...
    mais la certitude de ne pas être d’ici et encore que...
    Finalement on ne sait plus bien d’où l’on est ni où on va.
    En ce sens vous avez sans doute raison, c’est peut être les pierres qui restent muettes qui peuvent vous en dire long...
    A vos pioches !