Dérézo
Paper Men

Une journée à Guerlesquin avec la compagnie Dérézo

Lundi 15 mai 2006, 11h du matin. Dans la « petite cité de caractère » s'est installé le marché. Fleurs, vêtements, saucissons et poules vivantes cherchent preneurs... Bientôt, d'étranges personnages font leur apparition. Ils sont vêtus de curieux habits : lanières, gants et masques rouges. Ils parlent une langue inconnue et déambulent en groupe entre les étals.

« - On dirait des samouraï !
- Ils parlent espagnol, non ?
- Ils ressemblent à des boudhistes...
... des espagnols boudhistes ?
 »

Une petite explication s'impose...
Ces 5 individus mystérieux sont en fait des personnages tout droit sortis du spectacle Paper Men de la compagnie Dérézo. Après une résidence de 10 jours en avril dernier au Fourneau brestois, la compagnie poursuit son travail à Botsorhel dans le cadre du Mai des Arts dans la Rue.

A Guerlesquin, la compagnie avait choisi de « tester de nouvelles choses » lors d'une sortie non-annoncée. C'est donc par surprise et totalement médusés que les guerlesquinois ont assisté à une déambulation chorégraphique pleine de poésie.

Les guerlesquinois médusés? Voyez plutôt...

En ce qui concerne leur langage, « Chaque mot a la même sonorité qu'un mot en français mais qui ne veut pas forcément dire la même chose. On a travaillé sur des accents toniques différents du français, ce qui fait que l'on ne comprend pas ce qu'ils disent. Ce principe permet d'avoir des moyens mnémotechniques pour que les comédiens se rappellent des mots. », explique Charlie Windelschmidt, metteur en scène et directeur de la compagnie.

« - On comprend rien ! Ils viennent d'où ces types ?
- C'est des hommes ou des femmes ?
 »

Suite des explications...
Ces « types » s'appellent en réalité Lisa, Owen, Béatrice, Anne-Sophie, Fabien et Nicolas, comédiens de leur état. Ils sont accompagnés de Charlie Windelschmidt et Céline Lyaudet, costumière-plasticienne. La compagnie est brestoise et existe depuis maintenant 10 ans.

 

Visite de la forge
Après le déjeuner, les Dérézo avaient rendez-vous à l'ancienne forge avec René Lemaire, un passionné de tout ce qui attrait aux métiers de la forge. « On souhaite s'inspirer des gestes et du rythme de ces anciens métiers pour notre spectacle », raconte Charlie.
Grand soufflet, tour, pied à coulisse, palmer, cône Morse, queue carré, autant d'outils et de machines d'un autre âge, relégués au rang d'antiquité, mais qui fonctionnent toujours grâce à l'investissement d'une poignée d'habitants. Entendre le bruit assourdissant d'un marteau-pilon vieux d'un siècle est une expérience étonnante, fracassante.

Difficile d'arrêter René lorsqu'il parle de la forge. Une passion qui fait plaisir à voir.
Mais le temps presse et nos sympathiques visiteurs doivent reprendre la route direction Botsorhel pour répéter le spectacle, encore...

La visite de la forge en images...

 

Texte : Aurélien Marteaux
Photos : lefourneau.com